mercredi, 24 septembre 2014 05:38

Le Québec vit une crise du logement

Montréal, le 9 septembre 2014 – Le Québec vit une crise du logement. C’est ce qu’affirme le Front d’action populaire en réaménagement urbain dans un Dossier noir sur le logement et la pauvreté, lancé aujourd’hui, à Montréal. Selon le coordonnateur du FRAPRU, François Saillant, « il y a lieu de parler de crise, tellement la disparité est grandissante entre la capacité de payer d’une proportion significative des locataires et les loyers en vigueur sur le marché privé de l’habitation ».

Le dossier, basé sur une commande spéciale faite à Statistique Canada à partir des données de l’Enquête nationale auprès des ménages menée en 2011, montre une très sérieuse aggravation de la situation du logement au Québec. La donnée la plus troublante est assurément le chiffre de 108 475 ménages locataires devant engouffrer plus de 80 % de leur revenu pour se loger. Il s’agit d’une hausse de 25 % par rapport à 2006.

François Saillant explique que « la situation extrême vécue par ces ménages n’est pourtant que la pointe de l’iceberg ». Il précise que le nombre de ménages locataires québécois consacrant plus de 30 % de leur revenu pour se loger atteint 479 750, dont 227 835 qui paient plus de 50 %. « Tous ces ménages doivent, à un degré ou l’autre, couper dans leurs autres besoins essentiels, en premier lieu dans la nourriture, pour arriver à payer le loyer, s’ils arrivent même à le faire», ajoute le coordonnateur du FRAPRU.

L’organisme estime que l’accroissement du nombre de locataires en difficulté s’explique par la hausse du coût du logement qui, au Québec, a été de loin supérieure à celle des revenus entre 2006 et 2011. Le loyer médian a en effet connu une progression de 13,6 %, contre 9,2 % dans le cas du revenu médian des locataires.

Cet écart peut aussi être constaté sur une plus longue période, le loyer médian ayant augmenté de 188 % au Québec entre 1981 et 2001, alors que la hausse du revenu médian des locataires n’a été que de 118 %. C’est ce qui explique que le pourcentage de ménages consacrant plus de 30 % de leur revenu en loyer soit passé de 28 % en 1981 à 37 % trente ans plus tard.

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