jeudi, 29 janvier 2015 07:13

Légaliser l’habitat léger ou la nécessité d’habiter autrement

L’habitat léger était au centre des débats hier

à Louvain-la-Neuve. Question: comment réduire les nombreux freins à sa légalisation?

Au départ, il y a ces témoignages de Simone, qui vit dans un chalet du domaine du Gestiaux à Ramillies, de Violaine, qui habite une petite construction en ballots de paille dans l’ouest du Brabant wallon, de Maryline, une habitante du quartier de la Baraque à Louvain-la-Neuve, et de Gaspar, le codirecteur des Baladins du Miroir, qui vit dans une roulotte foraine. Quatre façons de «vivre» assumées, quatre façons d’habiter autrement, quatre façons d’illustrer la thématique de l’«habitat léger» au centre d’une matinée de réflexion organisée hier à la Ferme du Biéreau de Louvain-la-Neuve par le Réseau brabançon pour le droit au logement (RBDL).

«Ma grosse inquiétude, c’est qu’un jour, on nous oblige à partir», précise Simone. Une inquiétude qui résulte du flou de la législation en la matière. D’où l’urgence d’interpeller le monde politique selon le RDBL qui a déjà énormément œuvré sur le sujet au travers de son mémorandum de l’habitat léger.

Il faut faire évoluer les réglementations et à Ottignies-Louvain-la-Neuve, avec son expérience concernant la reconnaissance du quartier de la Baraque, on en est peut-être un peu plus conscient qu’en d’autres endroits: «Quand l’homme se prend ainsi en main, la loi doit pouvoir lui venir en soutien, et ne pas faire le contraire», admet Cédric du Monceau, l’échevin de l’Urbanisme de la Ville. D’autant plus que le droit au logement, c’est encore loin d’être acquis.

L’augmentation des prix du logement, les carences en matière de logements sociaux, la répression qui accable les personnes qui ont élu domicile dans les parcs résidentiels de loisirs… Ce contexte accentue encore la crise du logement.

Le Brabant wallon ne propose que 4 % de logement public (7% en Wallonie), accuse le RBDL qui «enjoint la sphère politique à ouvrir plus largement encore l’espace juridique à des solutions alternatives et populaires en terme d’habitat». L’habitat léger fait partie de ces alternatives: roulottes, caravanes, yourtes, chalets et autres constructions légères en bois, paille et terre crue… Des habitats aisément démontables, transportables et/ou réversibles, voire évolutifs. Des habitats aussi et surtout plus abordables financièrement…

«Ma petite construction en ballots de paille a coûté plus ou moins 10 000€ , dont la moitié pour le bois et l’isolation du toit», souligne Violaine qui s’est installée dans l’ouest de la province et dont l’approche s’appuie sur une triple démarche: réduction des coûts, réduction de l’impact écologique, et augmentation de l’intensité sociale qui vise à rétablir le travail humain.

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