lundi, 09 mars 2015 08:04

Trop de logements moyens vides

CHARLEROI L’attribution des logements publics moyens ou à loyer d’équilibre rencontre de grosses difficultés à Charleroi. En cause : les loyers trop élevés inaccessibles aux locataires potentiels. La conseillère PTB Sofie Merckx veut forcer le débat au niveau communal.

Des appartements construits ou rénovés à grands frais par la collectivité et qui restent désespérément vides : la conseillère communale PTB Sofie Merckx a décidé de donner un grand coup de pied dans la fourmilière. « A Charleroi, cette réalité a pris des proportions inacceptables, affirme-t-elle. A côté des centaines d’habitations sociales qui ne sont pas attribuées, il y a des dizaines de logements moyens et à loyer d’équilibre pour lesquels on ne trouve pas preneur. » En cause : « Une politique tarifaire inadaptée au niveau de vie de la population. »

En région wallonne, les logements moyens et à loyer d’équilibre sont en effet soumis à une réglementation. Les ménages qui gagnent moins de 34.200 euros net par an de revenus imposables (27.400 pour un isolé) n’y ont tout bonnement pas accès. Quant aux logements à loyer d’équilibre, un arrêté du gouvernement wallon impose aux locataires de disposer d’un revenu quatre fois supérieur au montant du loyer.

« Concrètement, cela signifie que pour pouvoir occuper un bien en location à 550 euros par mois, il faut en gagner au minimum 2.200 avant impôt. Plus l’appartement compte de chambres, plus le loyer est élevé. Ce qui augmente le seuil d’accessibilité. » Au terme d’une analyse statistique, Sofie Merckx en déduit que   ces conditions excluent d’office près de 8 Carolos sur dix : « A Charleroi, le revenu moyen par déclaration fiscale est inférieur de 32 % à celui de la Belgique et de 24 % à la moyenne wallonne. En 2012, il s’établissait en effet à 22.630 euros contre 30.012 dans l’ensemble du pays et 28.196 en Wallonie. Conséquence : les opérateurs publics ont de grosses difficultés à attribuer les biens. Dans son rapport d’activité 2013, la Régie foncière indique que l’offre ne correspond pas à la demande. Plusieurs immeubles de la route de Mons ont été rénovés et améliorés énergétiquement : ces investissements impliquent des loyers impayables par la population susceptible de s’installer dans le quartier. Idem pour les grands appartements de l’ensemble résidentiel de l’îlot Dauphin face à l’hôtel de ville. Des dizaines de toits sont ainsi laissés vides, et se détériorent. »

Informations supplémentaires