mercredi, 08 avril 2015 05:37

Quand les normes plombent le prix des logements

Tout change, et donc l’immobilier aussi. Et cela a forcément un coût. D’autant que depuis plusieurs années, les normes énergétiques ne cessent d’enfler et certains se demandent même jusqu’où elles emmèneront le portefeuille des Belges, étant entendu qu’elles entraînent des surcoûts évidents en termes de construction.

Jean-François Méan a un avis bien tranché sur la question. « La construction coûte de plus en plus cher par la faute d’eurocrates qui imposent des normes PEB absurdes, enrage-t-il. Ils nous obligent presque à placer dans chaque habitation une ventilation double flux, ce qui entraîne une gestion quasi informatique des lieux. Les maisons passives, ou presque passives, qu’on nous impose sont contraires à notre manière de vivre car nous entrons alors dans un schéma où c’est la maison qui décide pour nous. Or, nous ne sommes pas éduqués à cela. Ce n’est pas pour rien si l’Allemagne, qui a 15 ans d’avance sur nous, a effectué il y a deux ans un revirement à 180 degrés sur la question… »

Et selon l’architecte, c’est le client qui trinque. « Oui, car il n’a plus les moyens de s’offrir ce type de logements puisque les banques ne font plus leur boulot, s’indigne-t-il. Pour devenir propriétaire aujourd’hui, il faut apporter 30 % de la somme en fonds propres. Toutes ces normes qu’on nous impose sont dues au fait que le parc immobilier belge est d’une très grande vétusté. Du coup, pour ramener le pays à l’équilibre européen, on nous impose une sur-isolation des bâtiments… »

Même son de cloche chez Matexi, qui a construit quelque 30.000 maisons et appartements en Belgique depuis sa création il y a 70 ans. « En matière de normes énergétiques, le temps est venu d’appuyer sur pause, avance Guy Huyberechts. Car chaque nouvelle norme augmente le ticket d’entrée au logement. Et certaines normes ont un retour sur investissement trop long. Le jeu n’en vaut pas toujours la chandelle. »

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